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Général

9 septembre 1947 : le jour où un vrai papillon de nuit est devenu le premier « bug » informatique

Par Suzie Divine

Relu par Patrick Timo

M.Sc.

09 septembre 2026 3 min de lecture
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9 septembre 1947 : le jour où un vrai papillon de nuit est devenu le premier « bug » informatique
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Le 9 septembre, jour de rentrée pour beaucoup, est aussi l'anniversaire d'une anecdote que tout amateur de tech connaît sans forcément en connaître les détails exacts. Ce jour-là, en 1947, une équipe d'ingénieurs de l'université Harvard planche sur une panne récurrente du Mark II, un calculateur électromécanique de 25 tonnes construit pour la marine américaine sous la direction de Howard Aiken1. En ouvrant le panneau F pour inspecter le relais numéro 70, ils tombent sur la cause du problème : un papillon de nuit, coincé entre les contacts métalliques, qui court-circuite littéralement la machine2.

L'insecte est retiré à la pince à épiler, puis scotché sur la page du journal de bord de l'ordinateur, à côté d'une note écrite au crayon : « First actual case of bug being found » — soit « premier cas réel de bug trouvé »1. Cette page, papillon compris, est aujourd'hui conservée au National Museum of American History de la Smithsonian Institution, sous le numéro d'inventaire 1994.0191.013.

Le mot « bug » existait bien avant 1947

Contrairement à une idée reçue très répandue, cet épisode n'est pas à l'origine du mot « bug » pour désigner un défaut technique. Le terme circulait déjà depuis plus de 70 ans dans le vocabulaire de l'ingénierie : Thomas Edison lui-même l'employait dans sa correspondance dès les années 1870 pour parler de défauts dans ses inventions4. Ce qui a rendu l'anecdote de 1947 mémorable, c'est justement le jeu de mots involontaire : pour une fois, le « bug » que cherchaient les ingénieurs était un insecte, au sens propre4.

Et Grace Hopper dans tout ça ?

L'informaticienne Grace Hopper, alors réserviste de la marine américaine, travaillait effectivement sur le programme Mark II à cette période, et c'est elle qui a longtemps raconté cette histoire dans ses conférences, contribuant à la populariser5. Mais la Smithsonian elle-même précise que l'écriture de la note sur le journal de bord ne correspond probablement pas à la sienne, et que ce n'est vraisemblablement pas elle qui a découvert le papillon5. L'identité de l'auteur exact de la note reste, à ce jour, incertaine.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Ce qui est certain, en revanche, c'est l'effet culturel durable de cette page de journal de bord. L'expression « débugger » un programme, aujourd'hui utilisée quotidiennement par des millions de développeurs, doit une bonne partie de sa popularité à cette histoire devenue légendaire dans le monde de l'informatique3. Une manière assez savoureuse de commencer la rentrée : se souvenir que le mot qu'on tape dans son terminal chaque semaine vient, un peu par hasard, d'un insecte égaré dans une machine de 25 tonnes.

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